Abbaye de Vaucelles
Abbaye de Vaucelles

Photographe · Auteur · France

Photographe par passion

La photographie m’accompagne depuis ma plus tendre enfance. Je profitais alors de la moindre occasion pour subtiliser les appareils argentiques de mon père, son vieux Voigtländer d'abord puis son Canon AE1. Je ne savais pas ce que je cherchais, mais j’éprouvais déjà ce besoin de regarder à travers un cadre, d’isoler un visage, une lumière, un fragment du monde. Avec les années, cette curiosité est devenue une passion dévorante. J’ai beaucoup photographié, mais aussi énormément regardé le travail des autres, lu, appris, expérimenté. Et je continue à le faire, parce que la photographie reste pour moi un territoire dont on ne fait jamais complètement le tour.

Mon parcours m’a conduit à pratiquer la photographie et la vidéo dans des univers très différents. Certaines de mes images ont été publiées dans la presse, j’ai participé à quelques expositions, individuelles ou collectives, et j’ai longtemps enseigné la photographie à l’université. Aujourd’hui encore, il m’arrive de transmettre ce que j’ai appris au cours de séances privées. J’aime cette idée de partage. Enseigner la photographie ne consiste pas, à mes yeux, à expliquer aux autres ce qu’ils doivent regarder. Je cherche plutôt à les aider à découvrir leur propre manière de voir et surtout à prendre plaisir à photographier.
La fille à la cigarette
La pensée vagabonde

Présence · Distance · Humanité

Entre portrait et documentaire

Je ne ressens pas vraiment le besoin de me spécialiser. Ce qui m’intéresse se trouve moins dans le sujet lui-même que dans ce qu’il peut révéler. Je peux photographier des paysages, la nature, des espaces, des activités humaines et, surtout, des gens. Mon travail se situe quelque part entre le portrait et le documentaire. Je ne recherche pas la démonstration ou l’image spectaculaire. Je suis davantage attiré par une posture, un regard, une lumière qui traverse une pièce, une présence presque imperceptible, la trace laissée par quelqu’un ou par quelque chose. Ce détail que Roland Barthes appelait le "punctum" : celui qui, sans que l’on sache toujours pourquoi, nous atteint et nous émeut.

J’aime les images qui suggèrent davantage qu’elles n’expliquent. La photographie est une caresse. La surface est sensible, la profondeur bouleversante.

Le noir et blanc occupe naturellement une place importante dans mon travail, mais je photographie également en couleur, souvent de manière retenue. Je m’intéresse autant à un visage qu’à un paysage nocturne, à une enseigne éclairée dans une rue déserte, à un territoire traversé ou à ces choses ordinaires auxquelles nous ne prêtons plus vraiment attention. Il y a dans mes photographies une forme de mélancolie, mais je voudrais qu’elle soit une mélancolie heureuse. Je ne cherche pas à regretter ce qui a disparu. Je m’intéresse plutôt à ce qui demeure : une lumière, une présence, une sensation, la mémoire d’un instant.
Chercher la lumière.
Chercher la lumière.

Trace · Lumière · Temps

Photographier ce qui demeure

Je travaille presque toujours en séries. Une photographie seule peut être forte, bien sûr, mais j’aime qu’une image réponde à une autre, qu’un rythme s’installe et qu’une histoire se construise progressivement. C’est aussi pour cela que je ne recherche pas la perfection photographique. Une image parfaitement maîtrisée peut parfois me laisser indifférent tandis qu’une photographie fragile, imparfaite ou silencieuse peut continuer à m’accompagner longtemps.

La forme, la lumière et la couleur sont importantes, mais elles restent pour moi des moyens. Ce que je cherche avant tout est une sensation. Quelque chose de tactile presque, une présence, une émotion que l’on ne peut pas toujours expliquer. Avec le temps, ma manière de photographier est devenue plus simple et probablement plus attentive. J’essaie de ne pas imposer une image aux personnes ou aux lieux que je photographie. J’attends, j’observe, je me rapproche parfois, je m’éloigne souvent. J’essaie de laisser aux choses la possibilité d’exister par elles-mêmes.

Il faut regarder avec ce que nous sommes, avec notre mémoire, nos expériences, nos blessures, nos joies et notre sensibilité. C’est souvent là, dans cet espace fragile entre ce que nous voyons et ce que nous ressentons, que les véritables histoires apparaissent. Si mes photographies laissent au regardeur suffisamment de place pour entrer en résonance avec sa propre histoire, alors je suis heureux.

© Guillaume Pierre Leroy - 2026. Tous droits réservés
Photographe auteur, membre de la SAIF, enregistré sous le numéro 3372.
Toutes les photographies sont réalisées sans utilisation de l'IA.